Message du fr. Gérard Timoner, O.P., Maître de l’Ordre
depuis la maison Saint Dominique à Fanjeaux, France.
Le 6 octobre 2019

Mes chers frères et sœurs de l’Ordre des Prêcheurs, après avoir rejoint nos frères des Provinces de France et de Toulouse pour le pèlerinage du Rosaire, j’ai eu le privilège de visiter la maison de Pierre de Seilhan, de rencontrer les moniales de Prouilhe, et nous sommes maintenant ici à Fanjeaux. J’ai plaisir à penser que cela fait partie de mon “noviciat” comme Maître de l’Ordre, et j’apprends vraiment beaucoup des frères et des sœurs. Il y a des choses qui sont très frappantes pour moi, des choses que vous savez déjà ; mais, aussi des choses que j’aimerais que vous sachiez, c’est comme si je les regardais pour la première fois, alors que je suis dominicain depuis de nombreuses années. D’abord, ce tertre de Prouilhe, où le frère Renaud nous raconte que c’est l’endroit même où Dominique a envoyé les frères, lors de ce qu’on a appellé la “dispersion” des frères. Comme l’ont souligné beaucoup de frères, il est paradoxal, que l’Ordre fut fondé au moment où Dominique dispersa les frères. En effet, nous prenons des chemins différents, même à notre époque, nous allons à des endroits différents, mais nous suivons tous le même chemin. Il est paradoxal d’aller dans des directions différentes et pourtant, d’emprunter le même chemin. Quel est ce chemin ? C’est le chemin de la prédication de l’Evangile, ensemble comme frères et sœurs. Nous ne sommes pas seuls. Et, même si nous allons dans des directions différentes, sur des chemins différents, nous empruntons le même chemin de l’annonce de l’Evangile de Jésus.

Ici, à Fanjeaux, j’ai aussi appris que le charisme de Dominique a influencé l’architecture. Probablement beaucoup d’entre vous n’ont jamais entendu dire que le charisme de l’Ordre a littéralement influencé l’apparence des églises comme édifices. En observant les Cathares, Dominique a compris la valeur d’une Église moins rigide dans son organisation. L’Église est une communion structurée, composée de laïcs, religieux et ordonnés. L’église que nous avons vue est une église sans divisions, sans piliers au milieu de l’église, et c’est vraiment quelque chose d’étonnant. Pourquoi n’y a-t-il pas de piliers ? Pour faciliter la prédication, afin que la voix du prédicateur ne soit pas entravée par les piliers qui se trouvent entre le prédicateur et le peuple. Et nous devons nous demander: “Quels sont les piliers de notre époque qui isolent le prédicateur du peuple? Quelles sont ces éléments qui nous empêchent de vraiment tendre la main à tous nos frères et à toutes nos sœurs? À Fanjeaux, l’église est très simple, sans ornements. C’est comme si le peuple était invité à comprendre que dans le lieu sacré qu’est cette église, la seule chose à laquelle il doit penser est Dieu. Et c’est vraiment extraordinaire, c’est un lieu sacré. Dominique a donc appris des Cathares leur désir de vie évangélique, et ceux-ci constituaient un mouvement laïc. Dominique a vraiment reçu cette intuition et cette vision évangélique et il essaya de les mettre en pratique avec le clergé. Comme la réforme voulue par les laïcs, il a voulu partager cela aussi avec le clergé. Voilà donc ce que nous avons appris. C’est un grand privilège pour moi d’être ici avec mes frères Alain, Chris et Javier. Les frères Renaud et Timothée sont aussi avec nous à Fanjeaux et Prouilhe.

Ainsi, chers frères et sœurs, vous êtes invités, si vous le pouvez, à visiter ces lieux sacrés pour l’Ordre et pour notre saint Père saint Dominique, d’autant plus que nous entrons dans la période de célébration de son Dies Natalis, sa naissance dans la vie éternelle.

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